Le mindfulness (méditation de pleine conscience) permet de développer un état de conscience caractérisé par des compétences attentionnelles et un certain recul vis-à-vis d’événements internes comme externes vécus par le pratiquant. Les études récentes montrent que la pratique de la méditation de pleine conscience est aussi profitable à la vie professionnelle.

Les différentes facettes envisagées pour mesurer les effets du mindfulness au travail ont permis de retenir 5 facteurs principaux dans les échelles de mesure que sont :
. la non-réactivité vis-à-vis de l’expérience interne,
. l’observation des sensations, des perceptions et des sentiments,
. la capacité à agir en conscience,
. la description « en mots » de ses émotions,
. le non-jugement de l’expérience.

Notamment il a été démontré l’influence de la pratique de la méditation sur l’engagement et le bien-être au travail. Ce constat conduisit à l’introduction de nouveaux programmes centrés sur le développement des compétences d’attention au milieu professionnel. C’est notamment la capacité à prendre du recul par rapport aux réactions automatiques habituelles en situation de stress qui s’est avérée être le facteur central pour prédire l’engagement et le bien-être au travail. Plus précisément, il a été vérifié que le mindfulness a un effet positif sur l’engagement des salariés en accroissant leurs émotions positives, leur espoir et leur optimisme. Les résultats montrent aussi que certaines facettes du mindfulness comme la non-réactivité et le non-jugement influencent directement le bien-être au travail.

À noter aussi l’importance de la non-réactivité vis-à-vis de l’espoir. Bien que le mindfulness soit centré sur le moment présent et l’espoir sur un futur espéré, il apparaît que la non-réactivité permettrait au sujet ayant tendance à avoir de l’espoir de garder plus facilement la tête froide quand il rencontre des difficultés. Une autre explication tiendrait au fait que la non-réactivité ainsi que le non-jugement développent les émotions positives qui influencent elles-mêmes les niveaux d’espoir et d’optimisme.

En résumé, les programmes visant à développer la méditation dans les organisations semblent prometteurs pour atteindre de meilleurs résultats en termes d’engagement et de bien-être au travail.

 

Peter Malinowski  et Hui Jia Lim sont chercheurs au Research Center for Brain  and Behavior de l’Unversité John Moor à Liverpool. Ils ont notamment publié en 2015 l’étude « Mindfulness at Work: Positive Affect, Hope, and Optimism Mediate the Relationship Between Dispositional Mindfulness, Work Engagement, and Well-Being ».